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Immobilier : une reprise fragile à l’épreuve de la remontée des taux

Publié le 29/10/2026
Immobilier : une reprise fragile à l’épreuve de la remontée des taux

29 octobre 2026 — En France, le marché immobilier cherche encore son équilibre. Les ventes progressent sur un an, mais leur redressement ralentit, tandis que le crédit se renchérit et que les acheteurs négocient davantage.

Le marché immobilier français aborde la fin de l’année 2026 avec des signaux contrastés. Selon les Notaires de France, 951 000 ventes de logements anciens ont été enregistrées sur douze mois à fin août, soit une hausse de 3,6 % sur un an. Cette progression masque toutefois un essoufflement : le rythme de croissance approchait encore 13 % à la fin de 2025. La reprise a donc atteint un palier.

Les prix témoignent eux aussi de cet équilibre précaire. Au deuxième trimestre 2026, ils ont reculé de 0,8 % sur un an en France métropolitaine. Les maisons enregistrent une baisse de 1,3 %, contre une quasi-stabilité pour les appartements, à −0,1 %. Les projections établies à partir des avant-contrats laissent néanmoins entrevoir une stabilisation à l’automne. Il s’agit d’une perspective, qui reste à confirmer par les ventes définitives.

Le financement demeure un point de fragilité. L’Observatoire Crédit Logement/CSA situe le taux moyen des crédits immobiliers à 3,40 % en septembre 2026, toutes durées confondues, soit une hausse de 0,09 point par rapport à août. La durée moyenne des prêts atteint 252 mois, l’équivalent de vingt et un ans. Selon l’Observatoire, les banques ont relevé leurs barèmes dans un contexte de tensions inflationnistes et de durcissement de leurs conditions de refinancement. Cette évolution pèse sur la capacité d’achat des ménages et complique la concrétisation de certains projets.

Sur le terrain, les négociations occupent une place croissante. Dans son bilan publié le 1er octobre, Laforêt fait état d’un délai moyen de vente de 101 jours et d’une marge de négociation de 4,8 %. Neuf acquisitions sur dix donnent lieu à une discussion sur le prix. Ces chiffres portent sur l’activité du réseau et ne constituent pas une mesure exhaustive du marché français ; ils illustrent néanmoins le rapport de force observé dans ses agences.

Les acquéreurs examinent aussi plus attentivement le coût global du logement. Travaux, chauffage, performance énergétique et déplacements entrent dans leurs arbitrages. Laforêt relève ainsi une demande plus dynamique pour les appartements que pour les maisons, dont les dépenses d’entretien et d’usage peuvent peser davantage dans le budget. Le prix affiché ne suffit donc plus à apprécier l’attractivité d’un bien.

La fin de l’année dépendra largement de l’évolution du crédit et de la confiance des ménages. Les projets restent présents, mais l’écart entre les attentes des vendeurs et les moyens des acheteurs continue de ralentir les décisions. Pour les Notaires de France, une stabilisation des prix pourrait permettre au marché de poursuivre son ajustement, à condition que le financement reste accessible.

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